Le Poulpe : un détective nommé Darroussin Première diffusion en clair AU DEBUT, il y a une idée du tonnerre. C'est celle de Jean-Bernard Pouy, auteur reconnu de la Série noire, inventeur d'un détective anar, Gabriel Lecouvreur, alias le Poulpe - un nom inspiré du titre « Pulp Fiction » -, un type plutôt blasé, qui a le même point commun que tous ses collègues : lorsqu'il cherche à prendre des vacances avec sa copine Cheryl (Clotilde Courau), il écope d'une sale affaire à démêler. Ici, l'affaire est plutôt sordide : la tombe des grands-parents de la jeune femme a été profanée. D'où un surcroît de tension affective. Sur le papier, c'est-à-dire au fil des romans, le Poulpe, proposé en format de poche et édité par les Editions de la Baleine, a été dorloté par des dizaines d'auteurs différents. Chacun d'eux avait une charte à respecter, ensuite voguent les galères. Résultat, sept cent mille exemplaires ont été vendus des aventures à facettes de ce personnage qui ouvrait une brèche nouvelle dans le polar français. Il fallait bien, dès lors, qu'il y ait un film. Il a été tourné à Saint-Nazaire, avec pour personnage principal un cargo grec loué pour trois semaines avec son équipage russo-slovaque. Guillaume Nicloux, qui est aussi écrivain (il est, entre autres, l'un des auteurs de la série), est aux manettes. Le résultat n'a pas fait un tabac sur les écrans. La faute n'en revient pas au duo d'acteurs (Clotilde Courau, en poupée acidulée, est remarquable), mais à une mise en scène un tantinet platounette. Reste qu'on ne passe pas un mauvais moment. C'est typiquement le film qui invite à une bonne soirée télé, à la nuance près qu'il est programmé un peu tardivement.