|
Mon principal regret est de ne pas m'être interessé à l'univers de Nicloux au moment de la sortie en salle de Cette femme-là.
Je n'ai donc pas eu la chance de gouter au plaisir de ce film sur grand écran ( ceux pour quoi les films sont fait ) mais du me contenter
du visionage en DVD. Je me suis donc rattapré en jouissant de l'avantage du support et en regardant ce film une quinzaine de fois avec, à chaque fois, un plaisir
renouvellé. Jusqu'a l'obsession...
Avec retenue et sobrieté, Josiane Balasko incarne Michèle Vari et
impose un talent tragique oublié depuis Trop Belle pour toi, de Blier.
Depuis la mort accidentelle de son fils quelques années auparavant, un 29 février, elle est devenue un mort-vivant, entre médicaments, alcool,
séances de yoga et le psy, insomnies et cauchemars diurnes.
Ses soirées, c’est faire des puzzles chez elle, son lapin dans les bras.
Ses journées, c’est être flic dans un bled en bordure d'une fôret de Fontainebleau lynchienne.Une enquête qui l'emmenera jusqu’au bout d’elle-même.
Et c’est l’hiver, il fait froid, il pleut/il neige, la mode est aux impers rouges (Guillaume avoue facilement qu'il ne porte pas particulierement l'effet rendu par ces impers dans sont coeur )
Sans aucun doute à mes yeux, LE chef-d'oeuvre de Guillaume Nicloux. A mes yeux un petit bijou comme le sont Eyes Wide Shut ou Magnolia, mes deux films fétiches.
Et ceci dés les premières images.
Comme un avant-goût morbide de ce qui va suivre, la succession hypnotique de lents travellings
sur les différents lieux et étapes du chemin de croix du Capitaine Varin donne immédiatement au film sa noirceur et son mystère.
Le rythme du film est lent, tellement lent qu'il en donne la nausée et c'est là qu'on frôle le malaise tant l'ambiance instaurée est totalement désorientante
Dans ce deuxième volet de la Triologie de Guillaume Nicloux on retrouve la même ambiance glauque que dans
Une affaire privé, la noirceur en plus.
Trés stylisé (Les cadrages sont particulierement lêchés, la photographie totalement hors du commun), ce polar flirte assez habilement avec le thriller psychologique.
Au visionnage, (surtout en DVD où il est possible de faire des retours rapides/pause ... ) on a le sentiement que chaque objet à sa place. Que chaque élément du décor a son importance.
La musique de Demarsan, sublime, symphonique et funèbre joue un rôle à part entière.
Comme David Lynch dans Twin Peaks, auquel ce film fait inévitablement penser,
Nicloux ose frôler le fantastique, dans son utilisation des rêves et leur résonance à la réalité,
son mélange des détails du quotidien et de l’horreur de l’enquête -
le couscous de la Soirée organisée par les flics, revenant comme sujet principal de conversation, y compris devant une scène de crime,
comme en écho des fameuses tartes du resto
"Le double R" pour l’agent Dale Cooper...
Fidèle aux lois du genre, l’intrigue du film reste obscure, entre sombre histoire de famille et crimes étranges, et
Guillaume Nicloux (Entretien avec Guillaume Nicloux, au sujet de Cette femme-là)
persiste avec une virtuosité évidente dans les noirs desseins amorcés Le Poulpe, et confirmés par
Une affaire privé.
Mon seul regret réside dans les scènes d'actions qui ne sont pas à la hauteur de l'ambition du film.
Balasko à la poursuite d'un fuyard est loin de faire une "séquence action"
digne de ce nom ( "séquence action" pour reprendre les mots de Guillaume sur le commentaire audio du DVD )
Belle participation de Eric Caravaca et Aurelien Recoing,même si j'aurais aimé
les voir un peu plus à l'écran.
Thierry Lhermitte réendosse ici le costume de François Manéri est fait ici
une jouissive apparition.
Sans aucun doute, et il en découle un grand plaisir car le personnage qu’elle interprète invite à être suivi.
Il faut se prêter au jeu de ce polar qui flirte assez habilement avec le thriller psychologique.
les plans donnant sur des pièces vides sont autant de métaphores de l’angoisse de cette femme-là, Michèle Varin.
Et ça fonctionne étonnamment bien. Quand surgit dans le champs une figure humaine, elle fait peur, immanquablement peur, comme un fantôme.
D’ailleurs, de fantômes en fantômes, et de cadavres en cadavres, le scénario construit peu à peu un grand puzzle.
Michèle Varin ne cherche-t-elle pas à rassembler les pièces éparses de son enquête ?
Un clin d’œil que le réalisateur-scénariste n’hésite pas à s’offrir au sens figuré comme au sens propre.
Car, tout en faisant monter très efficacement l’angoisse,
Cette femme-là multiplie les traits d’humour et les jeux de correspondances et de signes.
Enfin, la résolution de l’intrigue a le mérite de ne pas être formulée clairement en épilogue.
Un chef d'oeuvre indéniablement esthétique.
"Cette femme là" est irréprochable dans sa forme et offre une belle réflexion sur la complexité des sentiments humains.
Du cinéma haut de gamme.
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
Frédéric Pierrot
Dominique Bettenfeld
Corinne Debonniere
Valérie Donzelli
Valérie Dréville
Yann Goven
Eva Ionesco
Florence Loiret
Guillaume Nicloux
Luddovic Schoendoerffer
Guillaume Nicloux
Guillaume Nicloux
Frédéric Bourboulon
Agnès Le Pont
Éric Demarsan
Fabio Viscogliosi
Hanging Offense
Im Schatten der Wälder
That Woman
France 15 October 2003
Belgium 26 November 2003
USA 15 April 2004 (Philadelphia International Film Festival)
Germany 12 August 2004 (Hamburg Fantasy Filmfest)
1h40
x.xx millions d'euros
132 657 entrées
Première semaine : 77 901
xxx xxx entrées
Film negative format (mm/video inches)
35 mm
Cinematographic process
Super 35
Printed film format
35 mm (anamorphic)
Aspect ratio
2.35 : 1
Dolby Digital
Production Companies
Canal+
Les Films Flam
Little Bear
Sofica Sogécinéma
Sofica Valor 6
TF1 Films Productions
Topaze Bleue
TF1 Films International
TFM Distribution
L'Etude et la Supervision des Trucages (L'E.S.T.) (visual effects)
#105152.