Une affaire privé.


Primé par la Fondation Lucien Barrière, en obtenant le Prix 2002 de la Fondation

François Manéri est détective privé. À vrai dire, il est un peu las d'être ce qu'il est : fatigué, usé, désabusé, vieilli. Depuis que sa femme l'a quitté, il traîne mollement d'une affaire à l'autre, sans grande conviction ni enthousiasme, grillant les cigarettes avec régularité.

Lorsque la mère de Rachel Spirien l'appelle pour le charger de retrouver sa fille disparue, il n'imagine pas que cette affaire, comme tant d'autres, va petit à petit le plonger dans un monde qu'il ne connaît pas et dont il aura bien du mal à se défaire Guillaume Nicloux poursuit la voie du polar décalé qu'il avait empruntée pour son premier film, Le Poulpe, privilégiant cette fois-ci l'introspection psychologique sombre de son personnage principal (interprété par un Thierry Lhermitte paumé à souhait) à l'absurde désinvolture de Jean-Pierre Darroussin, qui s'est vu offrir un petit mais mémorable rôle dans cette Affaire privée, en compagnie d'autres invités de marque (Samuel Le Bihan, etc.). Centré sur un privé plus que sur une affaire, le film de Guillaume Nicloux vous surprendra par son épaisse noirceur et par la qualité de son scénario ; un polar comme on n'en fait plus.

Guillaume Nicloux parvient à donner un ton et un style très personnel à cette enquête policière conduite par un enquêteur paumé qui enregistre toutes ses conversations. Les éclairages colorés de la nuit, la musique à la Twin Peaks, les lumières saturées et le grain vidéo contribuent à créer une atmosphère ambiguë et mystérieuse. Thierry Lhermitte utilisé à contre-emploi est assez convaincant. L’écheveau complexe de pistes possibles sur le meurtre de Rachel se démêle petit à petit pour finalement aboutir à un dénouement assez inattendu.

Cette histoire d’enquête sur une disparition tend à renouer avec le genre des meilleurs films noirs. On sent l’influence des années 40, des scénarios de Chandler ou de Hammett, mais aussi de David Lynch et de ses atmosphères étranges et ambigues. Le résultat est réussi, on est parfaitement immergé dans cette histoire et Thierry Lhermitte est particulièrement à l’aise et convaincant dans ce rôle de détective privé passablement obstiné. Quelques parti pris sont un peu énervant, tel ce grain mis sur toutes les scènes d’extérieur.

Guillaume Nicloux sait marqué ses films par un indéfinnissable je ne sais quoi qui les rend uniques, malgré des histoires qui n'ont rien de très extravagantes. Grâce à cette marque déposée, on ne peut pas vraiment dire que le film est très mauvais, ni très bon. C'est du Guillaume Nicloux, c'est tout. On aime ou on aime pas. Certains disent que ses films sont lourds, pour ma part c'est encore une fois cette pesante atmosphère qui me façine. Le lien entre les trois films de sa saga est fort et les films sont interdépendants même si les histoires sont différentes. J'ai envi de dire, "c'est cool !".

Les influences

Guillaume dit avoir été influencé par Le Privé de Robert Altman et Klute d'Alan J. Pakula

Casting

Réalisé par :

Guillaume Nicloux

Scénariste :

Guillaume Nicloux

Produit par :

Frédéric Bourboulon
Agnès Le Pont

Musique originale :

Éric Demarsan

Chef opérateur :

Oliver Cocaul

Autres titres :

Hanging Offense
Im Schatten der Wälder
That Woman

Date de sortie :

France 15 October 2003
Belgium 26 November 2003
USA 15 April 2004 (Philadelphia International Film Festival)
Germany 12 August 2004 (Hamburg Fantasy Filmfest)

Durée :

1h40

Budget :

3,95 millions d'euros

Box Office France :

458 565 entrées

Box Office Paris :

142 204 entrées

Format image :

Film negative format (mm/video inches)
35 mm
Cinematographic process
Super 35
Printed film format
35 mm (anamorphic)
Aspect ratio
1.85 : 1

Sound Mix :

Dolby Digital

Production :

Bac Films
Canal+
Cofimages 12
Little Bear
TF1 Films Productions

Distribution :

Bac Films

Visa d'exploitation :

#102156.