L'hôpital devient un haut lieu de tournage
Le 09 Janvier 2009 par Nicolas Housset.

HÔPITAL GILLES-DE-CORBEIL, cinquième étage. A la place des malades déambulant dans les couloirs blanchâtres, des projecteurs, des caméras, des micros... Une véritable fourmilière cinématographique s'active. Rien d'étonnant : l'hôpital Sud francilien est devenu un lieu de tournage couru. Depuis hier et jusqu'à la fin de la semaine, c'est le réalisateur Guillaume Nicloux (« le Poulpe ») qui filme des scènes de « La Clef », dernier volet de sa trilogie policière. Un jeune homme part à la recherche de son père disparu. Mais sa quête va virer au cauchemar.

A l'affiche, Guillaume Canet, Marion Cotillard, Jean Rochefort, Thierry Lhermitte entre autres. Ce long-métrage est presque exclusivement tourné en Essonne. Après Mennecy, des images doivent être réalisées au cimetière de Corbeil, puis en forêt de Sénart. Mais les scènes jouées à l'hôpital cette semaine sont déterminantes. Au cours de ces séquences, le spectateur va comprendre l'intrigue. Pour ce faire, l'un des corridors du cinquième étage a subi quelques transformations. Les lumières, les fenêtres, les radiateurs, rien n'a été laissé au hasard pour ramener le spectateur dans les années 1970. Un lieu idéal pour travailler à l'abri des regards, tout en usant de décors bien réels Pour le monde du cinéma, l'hôpital Sud francilien présente toutes les qualités. Depuis la réorganisation des services entre les deux sites de Corbeil et Courcouronnes, deux ailes de Gilles-de-Corbeil restent inoccupées. Au cinquième étage, seule la rhumatologie fonctionne. Plus bas, un bloc opératoire n'est utilisé qu'une fois par semaine. Idéal pour les cinéastes, qui peuvent travailler tranquillement, à l'abri des regards, tout en usant de décors bien réels.

« Les réalisateurs en ont assez de toujours tourner dans les établissements de l'AP-HP, souligne Catherine Denavarre, chargée de communication au CHSF. Depuis un moment, nous étions relativement sollicités. Là, c'est plus facile. Ils peuvent faire leur boulot sans déranger les patients. »

Mais le CHSF y trouve aussi son intérêt. En termes de réputation évidemment. « Cette expérience donne une autre image de l'hôpital, une image d'ouverture. J'ai demandé à ce que le nom figure au générique, souligne Joël Bouffies, directeur du centre hospitalier. Pour le personnel, c'est aussi plutôt sympa. » Une douzaine d'hospitaliers serviront ainsi de figurants dans « la Clé ». De quoi animer le quotidien. « C'est agréable. Ça change, confirme un cadre de l'hôpital. On vient voir ce qui se passe. Lorsque les décors ont été créés, certains collègues montaient jeter un coup d'oeil.

Les patients aussi s'en amusent. »

Sur le plan pécuniaire, ces tournages sont aussi un bon moyen de rentrer quelques sous. Une journée rapporte 1 500 .Euros « L'aspect financier n'est pas négligeable, c'est évident, reconnaît Joël Bouffies. Mais on ne va pas transformer le CHSF en studio de cinéma. Le principal reste les malades.